Sophie Malaterre (Karine Vanasse), 25 ans, doit remettre ses ambitions professionnelles à plus tard. C’est l’été à Montréal et la responsable de recrutement est déjà partie en vacances. Ne possédant aucune relation amicale ou affective dans la ville, elle se réjouit à l’idée de pouvoir changer d’air grâce à un système d’échange d’appartement trouvé sur Internet. Elle s’envole ainsi à Paris pour un mois.
Le début de son séjour est idyllique, à l’image de cet immense duplex avec vue sur la Tour Eiffel. Mais un matin, une délégation de policiers débarque dans la luxueuse résidence : Sophie, qu’on prend pour la propriétaire des lieux, est soupçonnée de meurtre. Elle n’a plus ses papiers, plus d’identité. L’escapade vire au cauchemar.
Voici un thriller policier de Frédéric Schoendoerffer, écrit en collaboration avec Jean‑Christophe Grangé, l’auteur des
Rivières pourpres. La carte postale inaugurale d’un Paris estival est modifiée en même temps que l’immersion subite de l’héroïne dans une spirale presque kafkaïenne, qui évoque celle dont était victime Harrison Ford dans le
Frantic de Polanski.
En terre inconnue, personne ne peut la reconnaître. Bien que les moyens de communication ne manquent pas, ils semblent tous faire défaut à cette quête d’identité perdue (voir l’échange bancal d’informations entre les polices des deux pays). Le commissaire Damien Forgeat (Éric Cantona, plus que persuasif) a donc un cadavre et une double personnalité sur la planche. Les courses‑poursuites hors d’haleine et le dynamisme haletant du scénario feront le reste. Une réussite.
Carole Lépinay - Publié le 27/01/12
BonusHaut
• Liste des bonus
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Commentaire audio de Frédéric Schoendoerffer |
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Rencontre Schoendoerffer‑Grangé (21') |
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Galerie photos (2') |
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Bande-annonce (2') |
• Commentaire
| Frédéric Schoendoerffer commente Switch. Il souligne l'importance de ses diverses collaborations, sa rencontre avec Karine Vanasse (actrice d'origine québécoise) pour davantage d'authenticité, l'exploration de la lumière grâce au travail pointilleux du chef‑opérateur (repéré sur le tournage de la série Braquo). Il revient aussi sur les détails techniques et esthétiques (type de filmage, incursion de la bande‑son), puis tente une approche analytique de son thriller. Une rencontre entre le réalisateur et le scénariste Jean‑Christophe Grangé révèle la nature complémentaire de leur travail. Pas négligeable. |
Verdict techniqueHaut
• Image
| Toute en transparences, jeux de lumières, dégradés de gris (outre‑noirs et blancs presque brûlés au programme), cette photographie hyper‑réaliste, presque crue, cultive les ambiances naturelles et l'éclairage direct pour cette plongée en enfer infernale et hivernale en milieu urbain. Un fort parti pris esthétique qui n'enlève rien à la définition un cordeau et à la précision de l'ensemble. Tout juste pouvons‑nous noter un rendu parfois vidéo, pas si désagréable que cela finalement. |
• Son
| La musique de Bruno Coulais fait son petit (grand) effet, utilisée bon escient et répartie dans toute la pièce en même temps qu'un lot non négligeable d'effets très actifs. Ambiance tendue, raffinée et en même temps profonde en basses. Bien vu. Stéréo évidemment plus plate sans la présence des graves. |